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Au Québec, comme dans le reste du Canada, nos retenues d’impôts sur les salaires et nos systèmes de taxation, tant sur l’acquisition de biens que sur la propriété, devraient suffire à démontrer que nous sommes solidaires. En effet, nombreux sont celles et ceux pour qui le premier jour annuel de travail dont la rémunération va dans leur propre poche arrive le premier juillet. Et vous allez me dire après ça, après tant d’investissements de nos efforts dans la santé, l’éducation, la sécurité sociale, la recherche pour lutter contre les maladies, nos routes, nos dons à toutes sortes d’associations caritatives, les appuis au maintien d’emplois et quoi encore… que nous ne sommes pas solidaires?

Ce n’est pourtant pas tout. J’ai connu tant de braves personnes, trop souvent des femmes, il est vrai – mais pas exclusivement – qui, déjà épuisées par leur tâche de travail, à 55, 60, 65 ans, consacrent de nombreuses heures par semaine à des parents âgés, malades, pour les aider à conserver encore un peu d’autonomie ou apaiser leur solitude quand ces parents sont en institution parce qu’ils ne pouvaient plus habiter leur propre maison.
Ceux qui prétendent que nous laissons les pauvres à la rue et que nous abandonnons nos parents au triste sort que réserve la vieillesse à certaines personnes ont tort. C’est loin d’être la règle. Nous ne sommes pas sans-cœur.

Dans un tel contexte, il m’apparait normal que les gens s’interrogent lorsqu’ils sont sollicités et ne délient pas les cordons de la bourse sans hésiter, sans se poser de questions. Donner? À qui? Pourquoi? Comment et à quoi ça va servir? Pour la plupart d’entre nous, l’argent c’est le fruit de notre labeur. L’autre, que je veux bien aider, en recevra-t-il pour mon argent? Est-ce que le partage de mes efforts en vaudra la peine dans le contexte de telle ou telle sollicitation?

Je donne à Centraide par le biais d’un prélèvement sur mon salaire ou ma rente de retraite. Je suis sollicité par la poste, au téléphone, au supermarché, pour lutter contre le cancer, contre la sclérose en plaques, pour aider les jeunes en difficultés, pour appuyer des populations étrangères lors d’une catastrophe naturelle, pour l’accueil de populations déplacées par des conflits et que sais-je encore.

Donner? Qu’ossa donne?

En développement international, dans le cadre d’organisations comme le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) et d’un programme comme Uniterra qui envoie sur le terrain des coopérants volontaires, nos efforts visent à appuyer des populations pour qu’elles s’en sortent par elles-mêmes, pour qu’elles développent des alternatives et qu’elles puissent profiter des ressources offertes par leur propre milieu de vie et parviennent à éviter d’être dépendantes.

Un don à une organisation de cette nature, je peux le considérer comme un placement destiné à améliorer le sort de l’humanité, un investissement qui contribuera à éviter des conflits ou des migrations bien involontaires de population attachées comme nous au sol où sont enfoncées leurs racines, une action dans un portefeuille misant sur le futur de la planète et dont le rendement sera impalpable, peut-être, mais certainement inestimable.

En pilotant conjointement le programme de volontariat Uniterra, le CECI et l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) font la preuve qu’ils croient au potentiel de tous les peuples. Ces organisations sont persuadées qu’avec les bonnes connaissances, en s’appuyant sur leurs propres compétences et leur expérience, les gens trouveront des moyens de subvenir aux besoins de leurs familles, bâtiront des collectivités solides et effectueront un changement social positif pour les générations futures.

Madame Marilena Bioli, directrice des programmes du CECI nous parle du programme Uniterra, de l’approche privilégiée par le plus gros programme de volontariat canadien au cours de sa troisième phase, ainsi que du travail effectué sur le terrain par les coopérants volontaires qui, comme moi, s’y associent. La vidéo qui suit a été tournée lors de la rencontre régionale des personnes engagées au sein du CECI, de l’EUMC et du programme Uniterra en Afrique francophone qui a eu lieu au Sénégal, en octobre 2016.

Voir la vidéo.

Recevez mes amitiés volontaires et solidaires.

Jean-Marc