Cette semaine au Sénégal, on célèbre la Semaine Nationale de l’Alphabétisation. Voilà une occasion en or de vous lancer une petite réflexion sur l’alphabétisation dans le monde mais principalement au Sénégal.

La Semaine Nationale de l’Alphabétisation débute avec la célébration de la Journée Internationale de l’Alphabétisation, célébrée partout dans le monde le 8 septembre. C’est une opportunité pour la communauté internationale de montrer l’importance accordée à la lutte contre l’analphabétisme. Le thème de la journée est «Alphabétisation et le développement durable».

C’est précisément le slogan de l’organisation pour laquelle je travaille, ALPHADEV — Alphabétiser pour un développement durable. D’ailleurs, j’aime bien cette phrase du directeur exécutif de l’organisation : «L’alphabétisation, c’est plus que de savoir lire et écrire, c’est un levier indispensable au développement.»

L’UNESCO a justement choisi ce thème pour illustrer toute l’importance que prend l’alphabétisation dans la promotion du développement durable.  «L’alphabétisation est l’un des principaux éléments nécessaires pour promouvoir le développement durable, car elle donne aux individus les moyens de prendre les bonnes décisions dans le domaine de la croissance économique, du développement social et de l’intégration environnementale. L’alphabétisation est à la base de l’apprentissage tout au long de la vie, et elle joue un rôle fondamental dans la création de sociétés durables, prospères et pacifiques.»

Dans le monde, près de 772 millions de personnes sont analphabètes, dont 500 millions de femmes, soit un taux de 65%. Le Sénégal, avec plus de la moitié de la population analphabète (51%), se classe au 170ème rang sur 172 pays à travers le monde selon le rapport PNUD 2011.

Au cours des deux dernières décennies, le sous-secteur de l’alphabétisation a connu de nombreuses avancées parmi lesquelles la codification de 21 langues nationales et l’alphabétisation de plus de 3 millions de jeunes et adultes. Toutefois, ce sous-secteur est également confronté à des facteurs limitants. En effet, l’État consacre moins de 1% du budget de l’Éducation aux programmes d’alphabétisation.

Des organisations de la société civile comme ALPHADEV apportent une contribution significative pour la réduction du taux d’analphabétisme.

Notamment, grâce à l’approche Reflect, ALPHADEV contribue à l’autonomisation des groupements de femmes. Aujourd’hui, ALPHADEV appuie une fédération forte de 77 groupements de femmes issus des centres d’alphabétisation. Ces groupes mènent diverses activités génératrices de revenus.

Pour la promotion politique des femmes, l’organisation a également appuyé la mise en place du réseau des conseillères de l’arrondissement des Niayes (RECAN). Ce réseau regroupe toutes les femmes élues des quatre communes de Malika, Keur Massar, Yeumbeul Nord et Yeumbeul Sud.

Pour la formation et l’insertion des jeunes, ALPHADEV a ouvert un Centre d’Apprentissage Populaire, qui est un espace éducatif destiné aux jeunes déscolarisés ou analphabètes âgés de 15 à 20 ans. Ce centre leur offre une formation générale en français et en langues nationales d’une durée de trois ans, combinée à un apprentissage de métier susceptible de leur assurer une insertion socio-professionnelle.

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Classe d’alphabétisation en Wolof du Centre d’Apprentissage Populaire, un espace éducatif destiné aux jeunes déscolarisé ou analphabètes âgés de 15 à 20 ans. Photo © Nadia Berger.

Le succès des programmes d’alphabétisation est étroitement lié à la politique nationale. « On ne peut pas avoir plus de 50% d’analphabètes et y consacrer moins de 1% du budget », a déclaré DIAKHATÉ lors de la conférence de presse. C’est pourquoi les acteurs de la société civile œuvrant dans le secteur de l’alphabétisation profitent de la Journée Internationale de l’Alphabétisation pour renforcer leur plaidoyer auprès des autorités politiques pour un financement de l’alphabétisation qui atteigne les 3% conformément aux engagements pris par le Sénégal.

En célébrant la Journée et la Semaine Nationale de l’Alphabétisation, les acteurs de la société civile espèrent faire entendre leur plaidoyer en faveur d’un plus grand financement des programmes d’alphabétisation, mais aussi pour l’intégration du financement de ce secteur dans les projets et programmes au niveau de l’agriculture, de la formation et de l’emploi des jeunes, de la santé, de la construction citoyenne et de l’autonomisation des femmes.

En terminant, je vous invite à vous rendre sur la page Facebook de l’ONG ALPHADEV ou encore sur notre nouveau site web pour en savoir plus sur nos activités.