Je suis actuellement dans mon quatrième mandat avec le projet Uniterra en Haïti depuis la mi-novembre 2018.
J’ai pour mission d’apporter un soutien en matière d’environnement à l’équipe locale et aux partenaires.
J’ai commencé aux Cayes au sud et maintenant je suis au Cap Haïtien au nord.

Quand j’étais aux Cayes, j’ai entendu parler du jardin botanique des Cayes et je voulais vraiment y aller !
Le coordinateur d’Uniterra a organisé une visite et nous avons rencontré l’agronome William Cinea, directeur et fondateur du jardin. Le jardin botanique des Cayes est un partenaire de longue date d’Uniterra. Il a déjà reçu des volontaires et est membre d’ATSud, l’Association touristique du Sud, notre principal partenaire aux Cayes.

L’une des premières choses que j’ai vue au bureau principal a été un livre sur les mosaïcultures du jardin de Montréal. J’ai pris le livre et j’ai dit au directeur que j’avais été guide dans cet événement ! Pour notre surprise mutuelle, il m’a révélé qu’il était là lors de la préparation de l’événement international qui avait eu lieu en 2013. La mosaïculture était un concours international d’énormes statues constituées d’une structure métallique et recouvertes de petites plantes qui donnaient une texture intéressante aux œuvres. William faisait un stage à Montréal à l’époque. Nous avons découvert que nous connaissions beaucoup de gens en commun !

Alors, avec cette expérience mutuelle, nous avons commencé à parler et nous ne nous sommes jamais arrêtés ! Lors de la première visite, j’ai eu un tour guidé du magnifique jardin, une oasis de verdure des Cayes.
Le jardin de six hectares a été créé en 2003 et est ouvert au public depuis 2007. Il emploie aujourd’hui une trentaine de personnes : guides, jardiniers, responsables, etc. Il accueille environ un millier d’étudiants par an.

C’est une activité éducative modèle et attractive en plein air sur le thème de la biodiversité.
Nous avons visité le jardin des topiaires (arbustes aux formes spécifiques) inspiré des mosaïcultures de Montréal, une section de forêt naturelle, un arboretum de fruits tropicaux tels que le carambolier (dont nous avons eu le plaisir de manger les fruits sur place), des chemins de bambou et de nombreux autres jardins.

Je suis retourné pour la planification des ateliers que je pouvais donner à leurs employés. Après une longue conversation et en tenant compte de leurs besoins particuliers, nous nous sommes entendus sur trois sujets : biodiversité et éducation, l’entomologie (l’étude des insectes) et l’ornithologie (l’étude des oiseaux). Nous avons également visité un projet jumeau appartenant au même directeur, «Nature Design», un lieu pour acheter des plantes, trouver des services paysagers, se promener, faire un pique-nique et de nombreuses autres activités dans un proche avenir, comme un labyrinthe géant fait d’arbustes.

La semaine suivante, j’ai été invitée à participer à la présentation d’un projet financé par l’USAID et la PADF (Fondation panaméricaine pour le développement) intitulé «Une école verte pour une Haïti verte». Quinze écoles ont invité leurs enfants à participer à une plantation symbolique d’arbres dans le jardin pour apprendre à planter dans leurs propres écoles, lors d’une deuxième étape du projet.
Enfin, le temps de donner mes ateliers est arrivé! Le premier concernait la biodiversité du pays. Nous avons regardé l’importance d’en apprendre plus et comment transmettre sa valeur aux visiteurs. Dans cette présentation, j’ai donné de nombreuses ressources, quelques techniques de guidage et des exemples d’activités éducatives utilisées à l’Espace pour la vie à Montréal (Biodôme, Jardin botanique, Insectarium et Planétarium). J’ai été guide dans ces institutions de 2008 à 2015, lorsque je suis partie au Guatemala avec le programme Uniterra, alors je les connais bien.

Le lendemain, en matinée j’ai parlé des insectes et de la façon d’organiser une exposition ou des activités sur ce sujet. J’ai ensuite raconté l’histoire de l’Insectarium de Montréal, de Georges Brossard, le fondateur, et de tous les événements intéressants qu’ils organisent. J’ai proposé des idées de comment l’expérience de Montréal pourrait être adaptée à leur jardin en Haïti.
Nous avons poursuivi à la rivière et dans la forêt naturelle où nous avons pu observer, photographier, capturer et libérer des insectes, des araignées et des mille-pattes.

La journée s’est terminée en parlant des oiseaux, de leur biologie générale, de leur taxonomie (classification en familles, ordres, etc.) et, plus important encore, de la façon de les observer dans le jardin avec des enfants. Nous avons vu une espèce endémique (espèce que l’on ne trouve que dans un endroit particulier), le taco d’Hispaniola, de la famille du coucou.

J’ai profité également pour parler de questions taboues comme les serpents, que les gens n’aiment généralement pas dans ce pays (ici, il y a 27 espèces, aucune dangereuse, dont une espèce endémique, l’Hispaniola brown racer), pour laisser certains employés manipuler des insectes pour la première fois, et bien sûr, pour aborder le sujet difficile de la vie zéro déchet (ou au moins de la réduction de la consommation de plastique).

J’ai également eu de nombreuses conversations intéressantes avec Theogène André, directeur de la recherche et de l’éducation, et avec certains guides et employés. Même le chien, JB (pour Jardin Botanique) était adorable, et un poulet noir était toujours avec nous. Je pense que lorsque les animaux sont à l’aise avec les gens, c’est un signe que l’ambiance est détendue et attentionnée.

L’amitié est déjà établie, nous sommes en contact via Internet et nous partageons souvent des informations !
Un point culminant de mon expérience haïtienne avec Uniterra !

Pour en savoir plus sur le jardin, deux blogs ont été écrits par un autre volontaire:

Découvrir le Jardin Botanique des Cayes !

Quand le programme Uniterra déniche des attractions touristiques dans le Sud d’Haïti !