Voilà. Jeudi, cela fera 75 jours que nous sommes parmi les Burkinabés. Pour un bref instant, nous aurons été des leurs.

Vous savez, suite à une expérience comme celle que nous avons vécue, nous sommes plutôt partagées face au sentiment que nous devons adopter. La nostalgie se mêle à la hâte de retrouver nos proches au Québec. La tristesse de quitter nos familles d’accueil se mêle à l’envie de retrouver notre confort. L’envie de poursuivre la routine développée ici se mêle à l’envie de retrouver nos habitudes à la maison. En deux mois et demi, nous avons acquis un sentiment d’appartenance envers notre nation d’accueil où nous avons tissé de nombreuses amitiés. Nous nous envolerons jeudi à 22h40, heure locale, avec l’espoir de dire au revoir plutôt qu’adieu à un pays que nous avons appris à aimer.

En deux mois et demi, nous avons accompli beaucoup de travail. Travail qui a d’ailleurs été apprécié des partenaires avec qui nous avons collaboré : création d’un site Internet, nouvelles étiquettes pour des produits de karité, lancement d’une nouvelle boutique, nouvelles plaquettes publicitaires, appui-conseil pour diverses questions marketing, audit comptable. Ce sont là tous des mandats qui ont été menés à terme et avec succès.

Dimanche, nous avons organisé une petite réception à la Table Filière Karité où nous avons convié familles et collègues de travail. Une petite réception toute simple, mais qui était empreinte de beaucoup d’amour et de reconnaissance. Nous tenions à remercier grandement nos invités pour l’accueil chaleureux dont ils nous ont fait bénéficier. Notre présence à leurs côtés depuis les derniers mois nous a permis de découvrir la culture burkinabé où la chaleur du cœur se mêle à la chaleur du soleil. Sans aucun doute, nous avons eu la chance de tisser des relations toutes plus enrichissantes les unes que les autres. Grâce à nos partenaires de travail, nous avons pu garnir notre bagage professionnel par une expérience unique en contexte interculturel. Nous avons spécialement remercié nos familles de nous avoir accueillies comme une des leurs.

Lundi matin, nous avons toutes les sept grimpé dans les taxis de nos chauffeurs habituels, et ce, après avoir fait des au revoir plutôt émotifs à nos familles.  Depuis, nous logeons au Grand Calao, un charmant petit complexe d’hébergement regroupant tous les types d’architecture des différents peuples du Burkina Faso. Mardi, nous avons roulé jusqu’à Tiébélé afin de visiter la Cour Royale qui s’y trouve. Ce fut une visite inoubliable! Aujourd’hui, dernière activité de prévue : musée de Manega, le plus grand musée privé d’Afrique où se trouve plusieurs artéfacts propres à chacun des peuples du pays. Un musée à la « T.I.A… ».

Tiébélé. « T.I.A. !»

Nous avons été enchantées par la visite  de ce petit village. Petit village qui possède un attrait touristique intéressant, soit la chefferie de Tiébélé, communément appelée la Cour Royale de Tiébélé. La tradition orale fait mention de son existence depuis le 16e siècle, c’est en effet la plus grande chefferie du « pays Kassena », situé dans le sud du Burkina Faso, à 15 kilomètres de la frontière ghanéenne.

L’habitat kassena est particulièrement bien représenté avec ses décorations murales colorées (peintures et gravures géométriques) réalisées par les femmes. Ces décorations murales sont typiques de tout le pays Kassena et celles de Tiébélé, en particulier, comptent parmi les plus jolies. Nous avons ainsi pu constater l’authenticité de cette Cour Royale jusque là très bien conservée et encore habitée par des animistes, des musulmans et des catholiques qui cohabitent dans l’harmonie.

C’est ainsi que nous avons pris part à une visite qui nous a transportées au cœur de l’Afrique traditionnelle. À l’entrée se trouvait un énorme tas de déchets et d’immondices, le Pourrou, où sont enterrés les placentas des enfants nés dans la cour du chef. Cette coutume permet apparemment aux femmes de s’assurer du retour de leurs enfants s’ils quittent le village. À ce jour, c’est encore au sommet du Pourrou que les responsables traditionnels annoncent les nouvelles aux habitants du village au son des tams-tams. Située à droite de la porte d’entrée du village, se retrouve la case aux fétiches, maison des ancêtres de la famille royale à l’intérieur de laquelle sont jugés les habitants du village selon la coutume. À l’intérieur de la cour, plusieurs types de cases se retrouvent côte à côte. Les cases rondes sont réservées aux hommes célibataires et possèdent un toit conique en paille. Les cases rectangulaires ou « Mangolo » sont réservées aux jeunes couples. Nous avons eu la chance de visiter une case en huit ou « Dinian » qui est quant à elle destinée à la plus vieille femme du village et à ses petites-filles en bas âge.

Notre dernière journée de stage sera réservée à la planification (plutôt ardue) de nos bagages pour le retour, à des tressages de dernière minute, à l’achat de cadeaux pour les retardataires et à prendre un peu de couleurs pour avoir des preuves tangibles de notre été passé en Afrique.

Voilà. C’était sans doute la dernière fois que nous vous écrivons, et ce n’est pas sans vous cacher que c’est avec un peu de tristesse que ces dernières lignes sont noircies. Cette fin peut sembler abrupte, mais comprenez-nous, nous voulons vous réserver quelques surprises à vous raconter lors de nos retrouvailles.

Chers proches, amis, familles, vous retrouverez vos « nassaras » très bientôt!