Je suis Assita Ouédraogo, membre de l’Union des Groupements d’Étuveuses de Riz de Bama (UGER-B). J’ai 46 ans et je suis mère de deux grandes filles. Je suis Secrétaire Générale de mon groupement de base du quartier Sidiwaya à Bama, et première responsable du Comité Équipement de notre Union.

Nous sommes plus de 600 femmes regroupées démocratiquement pour transformer et commercialiser le riz étuvé. Le riz étuvé est précuit avant d’être décortiqué. Il a une plus grande valeur nutritive et se brise moins lors du décorticage. Les femmes de la région pratiquent l’étuvage depuis de nombreuses années. Surtout depuis le désengagement de l’état dans la filière riz. Les femmes ont alors étuvé le riz de leur mari pour le revendre au marché et à différents commerçants; elles ont sauvé la filière!

À cette époque, un volontaire du CECI, est venu à notre rencontre et nous a encouragé à former des groupements pour travailler collectivement. Nous n’avions pas le courage de nous rencontrer et de nous organiser. Mais avec l’aide de la coopérative de producteurs, de l’Interprofession du riz et du CECI, nous avons fondé nos groupements et ensuite notre Union. Un doigt seul ne peut ramasser de la farine, mais en groupe cela devient possible! En 2008, grâce à de jeunes ingénieurs de Sherbrooke, nous avons construit notre propre centre pour l’étuvage du riz, le premier au Burkina Faso. Aujourd’hui, nous arrivons à vendre plus de 500 tonnes de riz annuellement!

Sur le plan personnel, j’étuve 5 fois plus de riz qu’avant la fondation de notre Union. La vente est maintenant plus facile et je fais plus de revenus. Je peux aider mon mari pour la scolarité des enfants, pour les médicaments et parfois, je lui donne même de l’argent pour la popotte! Si je veux m’acheter des vêtements ou si je dois me soigner, je suis autonome!

Merci à tous les partenaires qui nous appuient et nous permettent de travailler ensemble pour améliorer nos conditions de vie!

Oxfam QuébecAssita Ouédraogo, Étuveuse de riz au sein de l’UGER-B, une union membre de l’UNERIZ

Technique photo: le Portrait

En toute franchise, quand j’ai débuté la photo, le portrait m’intimidait! Dans ma démarche de photojournaliste, j’ai toujours privilégié saisir les gens dans leurs activités quotidiennes, sans qu’ils soient conscients de ma caméra au moment de prendre la photo.

Par contre, dans certaines situations, le portrait peut être très puissant, pour personnaliser un sujet, un enjeu. Cette photo, n’est pas celle d’une étuveuse de riz, c’est le portrait d’Assita Ouédraogo! Je me fais donc un devoir d’avoir le nom de toutes les personnes que je photographie et, quant il s’agit d’un portrait, je prends toujours le temps d’avoir une conversation avec cette personne pour mieux la connaître, pour mieux transmettre son histoire!

Au niveau photo, j’aime utiliser de longues focales pour des portraits. La longue focale (entre 80 et 200 mm) permet d’isoler son sujet pour éliminer le maximum d’éléments de l’arrière-plan qui pourraient détourner l’attention. De plus, en utilisant une petite ouverture du diaphragme de la lentille (f2 à f5.6), la profondeur de champ (la zone de la photo qui est au focus) devient très limitée et le flou de l’arrière-plan isole d’autant plus le sujet et ajoute une certaine douceur à l’image.

Pour les néophytes qui ne maitrisent pas l’ouverture du diaphragme ou la profondeur de champ, utiliser la fonction “Portrait” du menu de votre caméra pour arriver au même résultat! Pour la lumière naturelle de ce portrait, j’y reviendrai dans un autre billet sous peu!

Caméra: Nikon D3

Lentille: Nikkor 70-200 f2.8 à 170mm

Exposition: 1/160 sec; F2.8; ISO800

 

Référence Photo

Il a réalisé l’une des icônes de la photographie, le portrait d’une réfugiée Afghane qui est devenue l’image la plus populaire de l’histoire du National Geographic.  Pour ma part,  c’est pour l’ensemble de son oeuvre et particulièrement ses portraits d’Asie du Sud-Est, que je vénère le travail de Steve Mc Curry!

 

Au delà de la prise de vue

Ce Portrait d’Assita a été sélectionné pour la galerie du Club des Ambassadrices du CECI, des femmes entrepreneurs du Québec qui sont solidaires avec les étuveuses du Burkina.